Les orientations des Chambres d’agriculture
La session de printemps de la Chambre d’agriculture des Bouches du Rhône, qui se tient jeudi 8 avril, est l’occasion de faire un point d’étape sur les orientations prises par le « Groupe Chambres », composé de plus de 120 établissements regroupant 4200 élus et 7800 collaborateurs sur l’ensemble du territoire français.
Engagées dans le mouvement de la Révision Général des Politiques Publiques décidée par le gouvernement, mais aussi dans la profonde mutation que vit le monde agricole, le groupe dans son ensemble, et notre Chambre d’agriculture en particulier, doivent éclairer sur leurs orientations.
1. Nous, Chambres d'agriculture, qui sommes-nous ?
Notre réseau a été construit historiquement dans les années 1920, pour que des représentants du monde agricole conseillent l’Etat dans sa politique pour le secteur. Ensuite, dans les années soixante, il a été demandé aux chambres de contribuer activement au développement agricole en reprenant la mission publique assumée jusque là par l’Etat.
Aujourd’hui encore, cette double mission demeure dans un champ économique, social et environnemental ainsi qu’à l’échelle locale, nationale et européenne.
• Nous sommes des établissements publics consulaires dirigés par des élus professionnels, et à ce titre interlocuteurs privilégiés des pouvoirs publics. Nous oeuvrons à la définition et la mise en oeuvre de politiques agricoles équilibrées préservant l'intérêt général des territoires et des filières.
• Nous proposons à tous les agriculteurs dans leur diversité un service de proximité indépendant afin de les éclairer dans leurs prises de décision individuelle comme collective. Nos compétences s’appuient sur l’observation, l’écoute et l’innovation, pour améliorer la performance économique, environnementale et sociale des entreprises agricoles.
• Nous construisons avec les collectivités locales et les acteurs locaux des projets pour des territoires vivants, créateurs de valeur ajoutée et d’emplois, respectueux des ressources naturelles, où l’agriculture et la forêt trouvent toute leur place aux côtés des autres activités.
2. Quel est notre positionnement ?
Notre positionnement se résume en une phrase : « Les Chambres d’agriculture s’engagent pour la performance durable de l’agriculture et des territoires ».
Ce fil conducteur guide nos actions, et en renforce la portée, l’efficacité et la lisibilité. Nous visons ainsi à mieux répondre aux besoins de nos parties prenantes.
• Pour les agriculteurs et les salariés d’exploitation, qui sont aux manettes de TPE, nous voulons être au service de la diversité des entreprises agricoles, apporter des conseils indépendants, écouter et aider les exploitants à se projeter vers l’avenir et à prendre en compte un environnement qui change.
• Pour les responsables agricoles, nous voulons être reconnus comme un « carrefour professionnel » qui travaille au bénéfice de l’ensemble des actifs de l’agriculture et défend les intérêts de long terme de l’agriculture et de l’agroalimentaire.
• Pour les collectivités et décideurs, nous voulons être le partenaire de référence pour construire des projets de développement territorial qui accordent les différents intérêts, en particulier ceux de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt.
• Pour l'opinion publique, nous voulons contribuer à développer une agriculture plus proche des préoccupations de la société et mieux intégrée sur les territoires.
3. Nos enjeux
Au-delà de notre statut public et de l’élection de nos responsables, nous tirons notre légitimité de la reconnaissance de nos publics.
Les enjeux qui sont devant nous dans le cadre de la réforme Terres d’Avenir sont bien identifiés. En résumé, il s’agit de réinventer la proximité, au service des hommes, des produits et des territoires !
• Préparer l’agriculture de demain
Pour renforcer notre coeur de métier, il nous faut avoir le courage de réorienter certaines actions : investir en se donnant les moyens d’être mieux présents sur les terrains de l’innovation, à la croisée de l’économique, de l’environnemental et du social, se donner les moyens de l’approche globale et stratégique, développer les débouchés de l’agriculture. Les Chambres d’agriculture doivent être résolument tournées vers l’avenir.
De nouvelles compétences sont à mobiliser, y compris à travers des partenariats choisis et des rapprochements avec d’autres structures qui pourront amener du savoir-faire complémentaire au nôtre. C’est avec les bons partenaires que nous réussirons ensemble à répondre aux besoins de l’agriculture, de l’alimentation, de la forêt et des territoires.
Enfin, pour préparer l’agriculture, l’alimentation, la forêt et les territoires de demain, nous devons réinventer ce qui a fait notre force : conjuguer les progrès de la recherche avec l’innovation du terrain. Avec notre médiation, l’exploitation agricole doit être au coeur de la recherche agronomique.
• Développer notre légitimité par la performance, la disponibilité et la proximité
La concurrence est une réalité qu’il nous faut affronter sans oeillères.
L’efficacité de nos actions passera en premier lieu par une écoute renforcée de nos bénéficiaires. La mise en place de démarches qualité est ensuite un moyen d’améliorer la performance intrinsèque de nos services. Le développement de leur image viendra de la mise en avant de nos réalisations.
La mutualisation doit nous permettre d’être davantage professionnels, à condition de choisir nos domaines d’action prioritaires.
Cette reconnaissance consolidée est notre meilleur gage de pérennité. Sur la durée, c’est ainsi que nous pourrons concilier nos valeurs avec le développement des prestations.
• Clarifier notre posture vis-à-vis des partenaires publics
Les partenaires publics nationaux, mais de plus en plus européens… autant que locaux, sont parmi nos premiers interlocuteurs. Nous devons nous donner les moyens d’orienter la politique publique agricole, et non nous contenter de réagir systématiquement à l’actualité ou de revendiquer. Si, en tant qu’établissement public, il nous est demandé par ailleurs d’accompagner la mise en oeuvre des politiques de l’État, nous devons être vigilants pour que nos travaux s’inscrivent dans la durée.
Vis-à-vis de nos partenaires territoriaux, la relation équilibrée et durable passera par une posture ouverte et constructive, au bénéfice des intérêts de l’agriculture, de l’alimentation, de la forêt et des territoires sur le moyen-long terme.
• Répondre à l’exigence budgétaire et développer nos synergies dans le Groupe
Conscients que nos coûts de fonctionnement sont largement financés par les agriculteurs et les propriétaires, nous devons développer l’efficacité économique de nos établissements et équilibrer durablement nos budgets.
4. En région PACA
La clé viendra essentiellement de la cohésion du Groupe, des synergies que nous trouverons en rapprochant nos moyens entre Chambres d’agriculture de départements proches, au sein d’une même région, à l’échelle nationale. Grâce à ces efforts, nous serons en mesure de financer des compétences nouvelles à la hauteur des défis qui attendent l’agriculture, l’alimentation, la forêt et les territoires.
André Boulard
Président de la Chambre d'agriculture