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Les plantes

au secours des plantes

Cette démarche peut se pratiquer par de multiples applications.
Nous nous limiterons dans cet exposé à l’utilisation des produits végétaux en applications phytosanitaires.

Depuis longtemps, les adeptes de l’agriculture biologique, de l’agriculture bio dynamique ou même des jardiniers amateurs, connaissent et utilisent les vertus thérapeutiques de certaines plantes.

Des jus de plantes, des extraits concentrés sont utilisés pour aider les plantes à lutter contre certains parasites, insectes ou champignons. Il s’agit aujourd’hui de préparations artisanales de produits d’origine naturelle.

Les techniques d’élaboration doivent toutefois répondre à certaines exigences bien précises :

  • Utiliser dans tous les cas de l’eau non calcaire à PH 6 – 6,5 (récupération de l’eau de pluie)
  • Seules les plantes fraîchement récoltées et transformées, contiennent l’intégralité de leur potentiel actif. Etant donné la saisonnalité des végétaux, les plantes peuvent être récoltées, mises à sécher et conservées dans un local sec et aéré.
  • Pour ces préparations, il faut 1 kg de plantes fraîches pour 10 l d’eau. Dans le cas de plantes séchées, on utilise 0,2 kg de plantes pour 10 l d’eau. La récolte des plantes intervient juste avant la floraison.

 

Les différentes préparations

Les purins
On découpe les plantes en petits morceaux, on remplit un récipient au trois-quarts et on le complète avec de l’eau, on ferme avec un couvercle. Ce récipient sera de préférence en bois ou grès ou terre ou en émail.A défaut, le plastique alimentaire et l’inox peuvent être utilisés.La fermentation commence au bout d’un jour ou deux (présence de bulles et de mousse).Lorsqu’il n’y a plus de dégagement gazeux dans le récipient, la fermentation est terminée. Le purin est mûr. Il est difficile d’éviter les mauvaises odeurs, mais un brassage régulier permet d’atténuer ce désagrément.Avant utilisation, filtrer le purin. Les résidus solides sont mis à composter ou mis au pied des plantes comme « mulch ».La pulvérisation doit se faire en dehors des heures chaudes de la journée.L’épandage du purin pur ou peu dilué se fait au sol, au pied des cultures.Une utilisation comme stimulant foliaire la dilution doit être de 1 pour 50.La conservation des purins dure au maximum 8 semaines.

Les décoctions
Cela consiste à faire bouillir les plantes dans l’eau pour en extraire les substances intéressantes.Faire chauffer l’eau jusqu’à ébullition et mettre à ce moment là, les plantes, laisser frémir pendant 30 mn environ.La décoction est utilisée froide et doit être filtrée avant emploi.A utiliser tout de suite.NB : avant de mettre les plantes dans l’eau bouillante, il est bon de les faire tremper dans l’eau froide pendant 24 h.

Les infusions
Même pratique que pour le thé. On met les plantes en petits morceaux dans l’eau bouillante, on laisse infuser, refroidir et l’application intervient tout de suite après la filtration.


Les plantes et leurs utilisations

  • Le purin d’orties
    Il est riche en vitamine A et C, il contient des minéraux, surtout le fer.La présence de calcium, de potasse et d’azote en font un bon « engrais foliaire ».Tous ces éléments provoquent sur la culture une nette stimulation de la croissance.
    Pulvérisation foliaire : dilution à 10 %
    Pulvérisation au sol : dilution à 30 à 50 %
  • L’infusion d’orties
    Serait efficace contre les débuts d’invasions des pucerons, avant l’enroulement des feuilles. Dilution à 10 %.
  • La décoction de prêle
    Riche en silice, avec un pouvoir siccatif important, elle sera utilisée contre les maladies cryptogamiques. Dilution à 10 %.
  • Le purin de fougère
    Il est riche en carbonate de potasse. Il renforce les plantes traitées. Il aurait aussi un effet répulsif sur les taupins. Dilution à 10 %.
  • Le purin de sureau
    On peut utiliser les feuilles, les tiges, les fleurs et les fruits. Il peut être efficace contre une petite population de thrips, et c’est un bon répulsif pour les taupes et les campagnols.
  • Le purin de feuilles de bouleau
    Il serait préventif contre la tavelure.


Voilà un petit inventaire des vertus phytothérapeutes de certaines plantes. Il va sans dire que toute utilisation de ces compositions doit être consécutive à l’observation de la culture, à la connaissance des parasites et doit se faire avec parcimonie.
Toute intervention non raisonnée pourrait provoquer, là aussi, des phénomènes d’accoutumance de la part des parasites.
Des études très sérieuses sont menées par différents centres de recherches (CNRS, Université de Lausanne…) afin de mieux connaître les effets stimulateurs de ces préparations à base de plantes. Si quelques certitudes sont prouvées en laboratoire, nous sommes encore loin d’une utilisation généralisée aux cultures.