Les vers de terre
piliers de la fertilité et du recyclage des matières organiques dans les sols
Ils représentent la première biomasse animale terrestre : une tonne par hectare en moyenne, soit 250 000 individus. Ce sont les prairies qui, en zone tempérée, leur offrent l'habitat le plus favorable (jusqu'à 4 millions d'individus par hectare).
Selon les milieux, 300 à 600 tonnes de terre passent par hectare et par an dans leurs tubes digestifs !
"Environ 220 espèces sont décrites dans le monde ; de nombreuses sont
encore inconnues surtout dans les régions tropicales. En France 19 espèces
sont répertoriées."
On distingue 3 catégories écologiques :
- les épigés (petits), agissent en surface, se nourrissent directement de matières organiques et de végétaux en décomposition,
- les endogés (moyens), vivent en profondeur et se nourrissent de terre mélangée à de la matière organique,
- les anéciques (gros), cherchent leur nourriture à la surface du sol dans la litière puis la distribuent en profondeur grâce aux galeries verticales qu'ils creusent (exemple : notre lombric commun).
Chacune de ces catégories contribue à sa manière et selon son abondance, à la formation et au maintien de la fertilité des sols :
- à travers leurs activités d’excavation, d’excrétion de macro-agrégats, d’ingestion de matières organiques mais aussi par leurs réseaux de galeries, ils favorisent la biodiversité des sols en créant des conditions favorables aux autres organismes inféodés à cet habitat qui participent eux-même à fournir aux plantes les éléments nutritifs (bactéries, champignons du sol...)
- le sol travaillé par les vers de terre possède une structure granulaire stable et moins sensible à l'érosion.
- ils permettent aux végétaux d'avoir un meilleur accès à l'eau et peuvent agir sur leur vigueur par la production de facteurs de croissance.
Ils constituent également une importante source de nourriture notamment pour les oiseaux, mais accumulent aussi les micropolluants du sol.
Trop de labours et l'utilisation de certains produits phytosanitaires ont pour conséquence la diminution du nombre et de la diversité des vers de terre dans les sols agricoles.
Les apports d'amendements organiques lorsque nécessaires et les techniques dites d'agriculture de conservation, par la mise en œuvre de trois principes à l'échelle de la parcelle : travail minimum du sol, associations / rotations culturales et couverture maximale du sol, contribueront à faire revenir dans nos sols ces hôtes indispensables.
La technique du lombricompostage (par les vers épigés) permet quant à elle, le recyclage de déchets organiques divers (ménagers, agro-alimentaires...) ; certaines espèces de vers permettent même l'épuration des eaux usées.