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L'édito

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Réduire de 50 % de l'utilisation des pesticides dans un délai de dix ans, …… «si possible» !!

Souvenez-vous ; cette phrase a mis le feu il y a quelque temps. Les agriculteurs n’ont entendu que « la réduction de 50% de l'utilisation des pesticides», et ont réagi sur la folie d’un tel objectif qui n’avait pour but que de faire un joli effet d’annonce.

Les environnementalistes ont bloqué sur le  « … si possible », qui laissait la porte ouverte au laxisme dont ils accusent en permanence les agriculteurs.

Nous voici donc bien heureux que notre organisme de référence en matière de recherche, l’INRA, nous apporte un avis réfléchi sur la question, car «il faut éviter de nous tirer une balle dans le pied», comme le disait Jean-Charles Bocquet de UIPP, lors du colloque de restitution de l'étude Ecophyto R & D. Notre pays a fait d’énormes efforts depuis de nombreuses années, comme en témoigne la baisse de plus de 30% de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques ces dix dernières années.
En recourant à la protection raisonnée, un des fers de lance de l’agriculture raisonnée, l’INRA estime que l’on pourra atteindre sans bouleversement majeur des systèmes de production, une baisse de l'ordre du tiers de l'utilisation des pesticides à l'horizon 2018», explique Pierre Stengel, chercheur à l’INRA.
Mais attention, cette réduction s’accompagnera tout de même de baisses de production.

Et les chercheurs estiment que maintenir un objectif à 50% de baisse permettrait, bien évidemment, des économies d'intrants pour les exploitations agricoles mais aurait de plus graves conséquences sur les rendements …

Des pistes intéressantes, car ce ne sont pas les agriculteurs qui se plaindront de voir leurs charges baisser et le nombre de traitements réduit, … si leur revenu n’est pas affecté !

Reste une grande question pour la société : comment pourrait-on se permettre de réduire notre production alimentaire à l’heure où l’on parle de besoins mondiaux en croissance d’une part, et de production de proximité d’autre part, c'est à dire chez nous, en France  ?

André Boulard
Président de la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône


Pour en savoir plus, et consulter toute l’étude : www.inra.fr