Le gouvernement autorise la vente au déballage de certains fruits et légumes à partir du 24 juillet et jusqu'au 8 août, afin de favoriser un déstockage rapide de ces produits et la régularisation du marché. Lire la suite : http://www.pleinchamp.com
La baisse des prix à la production, par rapport à l'année passée, ralentit. Les prix des grandes cultures restent toutefois 25% inférieurs à ceux de mai 2008 et ceux des légumes et du lait s'effondrent. Lire la suite : http://www.pleinchamp.com
Source : Rédigé par SC, Pleinchamp d’après Agreste Conjoncture juillet 2009
Farre (Forum de l'agriculture raisonnée respectueuse de l'environnement) a élu son nouveau président. Agriculteur dans l'Oise, Christophe Grison veut ouvrir le forum aux associations écologistes et de consommateurs. Son souhait : passer d'une stratégie du face-à-face à celle du côte-à-côte. Lire la suite : http://www.pleinchamp.com
Source : Rédigé par Sophie Caron, Pleinchamp, 23.07.2009
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié son premier rapport annuel sur les résidus de pesticides qui fournit une vue d’ensemble des résidus de pesticides dans l'alimentation[1] observés dans toute l’Union européenne (UE) pendant l'année 2007[2] et qui évalue l’exposition des consommateurs par l’intermédiaire de leur régime alimentaire. Le rapport indique que la majorité des échantillons prélevés sont conformes aux limites maximales de résidus (LMR) de pesticides légales et il inclut un ensemble de recommandations destinées à améliorer la collecte des données requises pour les évaluations de l’exposition aux pesticides. Le rapport, préparé par l’unité PRAPeR de l’EFSA — l’unité en charge de l’examen par les pairs des évaluations des risques liés aux pesticides — constate que 96 % des échantillons analysés sont conformes aux limites maximales de résidus (LMR) légales et que 4 % les dépassent, par rapport à 5 % en 2006[3]. Au total, en 2007, plus de 74.000 échantillons issus de près de 350 types d’aliments différents ont été analysés du point de vue de leur teneur en résidus de pesticides, ce qui représente un accroissement de 13 % par rapport à 2006. Les États membres ont fait des efforts considérables afin d’étendre la portée des méthodes analytiques, rendant par là même possible la détection de 870[4] pesticides en 2007, une augmentation de 13 % par rapport aux années précédentes[5]. Afin de protéger les consommateurs, les LMR sont établies à des niveaux qui sont sûrs pour eux tout en correspondant à la plus petite quantité de pesticide nécessaire sur les cultures pour obtenir l’effet recherché. L’EFSA précise que la présence de pesticides dans l’alimentation — et même le dépassement d’une LMR — n’entraîne pas nécessairement de problème du point de vue de la sécurité des aliments. Quand une LMR est dépassée, l’exposition doit être calculée de façon à pouvoir évaluer si ce dépassement présente un risque potentiel pour les consommateurs. Pour évaluer l’exposition chronique (à long terme) du consommateur, l’EFSA a appliqué une approche de précaution, en utilisant des hypothèses prudentes qui surestiment l'exposition. Pour tous les pesticides évalués, excepté un (le diazinon), l’exposition chronique ne doit pas susciter d’inquiétude pour la santé du consommateur. Il est à noter que, depuis le mois de décembre 2007, toutes les autorisations concernant cette substance ont été retirées et les LMR ont été abaissées. Pour évaluer une exposition aigüe (à court terme), l’EFSA a également envisagé les scénarios les plus pessimistes. Pour ces estimations, elle a donc pris en considération une consommation alimentaire élevée, combinée au plus haut niveau de résidus observé dans le programme de surveillance de l’UE en 2007. En réalité, il est très peu probable que de tels cas critiques d’ingestion se produisent. En supposant que ce scénario se présente, on ne pourrait cependant pas exclure un risque potentiel pour le consommateur pour certains des résultats concernant 52 combinaisons de pesticides/aliments ; dans plusieurs de ces cas, le problème a déjà été traité en retirant les autorisations ou en abaissant les LMR. L’EFSA a établi un ensemble de recommandations pour les futurs programmes de surveillance sur les résidus de pesticides, notamment la modification des modalités de signalement afin de garantir des résultats plus détaillés qui permettront une évaluation plus précise de l’exposition. Ces améliorations contribueront à mieux informer les gestionnaires des risques et les aideront à règlementer une utilisation sûre des pesticides.
Notes aux éditeurs
- Les LMR représentent les seuils supérieurs légaux de concentration de résidus de pesticides dans ou sur les aliments destinés à l’alimentation humaine et animale, basés sur de bonnes pratiques agricoles, prescrivant que les pesticides autorisés soient utilisés au plus bas niveau nécessaire à une protection efficace des végétaux. La réalisation d’une évaluation des risques afin de garantir la sécurité des consommateurs est un prérequis indispensable à l'établissement de ces LMR. - Les résultats énumérés dans le rapport indiquent une légère amélioration de la conformité aux LMR par rapport aux années précédentes mais il est difficile de réaliser une comparaison précise car le nombre de pays inclus dans le rapport est passé de 16, en 1996, à 29, en 2007 et les programmes nationaux de surveillance diffèrent les uns des autres et ont considérablement évolué avec le temps. - L’unité PRAPeR de l’EFSA est responsable de l’évaluation des LMR des pesticides au moyen d’une estimation approfondie de l’exposition des consommateurs et de tout effet potentiel sur la santé pouvant résulter des utilisations prévues des pesticides dans l’alimentation humaine et animale. L’EFSA vérifie que les niveaux d’exposition sont sûrs pour tous les groupes de consommateurs, y compris les groupes potentiellement vulnérables, tels que les jeunes enfants, les personnes âgées et les végétariens. L’exposition effective des consommateurs aux pesticides est évaluée dans le rapport annuel de l’EFSA sur les résidus de pesticides. - Le groupe scientifique de l’EFSA sur les produits phytopharmaceutiques et leurs résidus (PPR) fournit des orientations scientifiques dans les domaines de la toxicologie, l’écotoxicologie, le devenir et le comportement des pesticides. Le groupe PPR fournit également des conseils scientifiques sur des questions relatives aux pesticides qui ne peuvent pas être résolues dans le cadre de l’examen par les pairs des substances actives. Le rapport annuel sur les résidus de pesticides est disponible à cette page: http://www.efsa.europa.eu/EFSA/efsa_locale-1178620753816_1211902667778.htm Des informations complémentaires sur les activités des unités PRAPeR et PPR de l’EFSA dans le domaine des produits et substances phytopharmaceutiques sont disponibles ici : http://www.efsa.europa.eu/EFSA/efsa_locale-1178620753816_1178620925075.htm
[1] Les denrées alimentaires concernées sont les fruits, les légumes et les céréales. [2] Dans les 27 États membres de l’UE et deux États de l’AELE (Norvège et Islande) qui ont signé l'accord sur l'Espace économique européen. [3] Sur la comparaison avec les années précédentes, veuillez aussi consulter les notes aux éditeurs. [4] Ce chiffre comprend également les métabolites. [5] 354 pesticides ont été détectés dans des fruits et légumes et 72 dans des céréales ; ceci reflète l’utilisation différente des pesticides dans les deux groupes d’aliments
A l'occasion d'une intervention devant le Comité Européen des Entreprises Vin, du 8 juin 2009, en Grèce, Mme FISCHER BOEL est "revenue" sur la réforme de l'OCM Vin et sur certaines discussions qui en ont découlé.
En résumé : • « Les sujets liés au vin ont toujours un grand pouvoir émotionnel ; ils peuvent faire les premières pages des journaux. Les négociations, qui ont abouti à la réforme de décembre 2007, restent celles qui ont été les plus difficiles à conduire, depuis le début du mandat de la Commissaire, en 2004. » • « Les principes de la réforme restent bons : libéraliser le régime ; offrir une porte de sortie aux producteurs par l'arrachage ; réorganiser le budget ; apporter des changements aux pratiques oenologiques et aux règles d'étiquetage. » • « Le régime d'arrachage est un succès, en contraste avec les premières critiques des producteurs : les demandes ont été deux fois plus nombreuses que ce qu'il était possible de satisfaire ». • « Le "taux d'usage" des enveloppes nationales est quelque peu préoccupant : à mi-parcours de l'année budgétaire, les Etats membres ont en moyenne dépensé 20 % de leurs enveloppes nationales. Certains d'entre eux n'ont pas utilisé de fonds. Si l'argent n'est pas utilisé avant le 15 octobre, il "disparaîtra, tout simplement". Il ne s'agit pas que de la seule responsabilité des Etats membres. Le secteur doit présenter des projets, et l'on peut insister sur la promotion, notamment ». • « Concernant les vins rosés, selon les règles européennes, les producteurs ont toujours été autorisés à élaborer des vins de qualité, en mélangeant vins blancs et rouges. Cela a été fait, au moins en Champagne. L'interdiction s'appliquait donc aux vins de table uniquement. Cette interdiction n'était absolument pas liée à une protection des vins rosés, qui n'ont jamais été définis par les systèmes européens ou internationaux. Cette interdiction avait été mise en place, compte tenu de l'existence de différents taux pour les restitutions à l'exportation, pour les vins blancs et les vins rouges. La réforme ayant aboli les restitutions, la justification première n'existait plus. Il y avait également d'autres arguments qui plaidaient en faveur d'une autorisation de mélange, tels que l'autorisation de cette technique par l'OIV et la possibilité pour les concurrents des pays tiers de l'utiliser. Si les arguments en faveur étaient forts, les arguments contre, mis en avant par certains producteurs, l'étaient également, de plus en plus, à tel point qu'il a fallu reconsidérer la question ». • « Autre élément de mise en oeuvre de la réforme, la désalcoolisation : un compromis a été trouvé entre les Etats membres attachés au concept "traditionnel" du vin et la possibilité de "retirer" jusqu'à 2% d'alcool ». • « Il faudra impérativement être sérieux à propos de la problématique alcool et santé ». • « Les réflexions en cours concernant la politique de qualité étudient la possibilité de créer un registre unique pour les IG des vins, alcools et denrées alimentaires. Une harmonisation des trois régimes est en débat. Il y aurait de nombreux bénéfices à tirer d'une harmonisation mais la Commission n'a pas l'intention de se précipiter sur le sujet ».
Évolution mensuelle : +0,1 % ; sur un an : -0,5 % En juin, l’indice des prix à la consommation s’accroît légèrement (+0,1 % ; -0,5 % sur un an) : la hausse des prix de l’énergie est en grande partie compensée par la baisse des prix des produits frais. De manière saisonnière, le poste « loyers, eau et enlèvement des ordures ménagères » renchérit tout comme les autres services, alors que les prix des transports et communications diminuent. Le début de la période des soldes en métropole est à l’origine de la baisse des prix des produits manufacturés et notamment de ceux de l’habillement - chaussures. Les prix de l’alimentation hors produits frais reculent légèrement. L’indice hors tabac augmente de 0,1 % (-0,5 % sur un an). L’indice corrigé des variations saisonnières est également en hausse de 0,1 %.
Les prix de l’énergie continuent de croître Les prix de l’énergie sont de nouveau en hausse sur le mois (+3,2 % ; -17,4 % sur un an), du fait du renchérissement des produits pétroliers (+5,4 % en juin ; -26,1 % sur un an). La remontée des cours du pétrole brut affecte les prix des carburants (+5,3 % sur le mois ; -23,3 % sur un an), tout comme ceux des combustibles liquides (+8,5 % ; -41,5 % sur un an).
Baisse des prix des produits alimentaires Les prix de l’alimentation reculent en juin (-0,6 % ; -0,4 % sur un an). Les prix des produits frais diminuent fortement : ceux des légumes frais décroissent plus que de coutume cette année (-7,5 % ; -5,0 % en juin 2008 ; -5,6 % sur un an) et ceux des fruits frais diminuent (-1,7 % ; -12,5 % sur un an) après plusieurs mois d’augmentation. Par ailleurs, les prix des autres produits alimentaires sont en légère baisse (-0,1 % ; +1,0 % sur un an). Les prix des produits laitiers diminuent de façon prononcée en juin : -0,5 % pour les fromages (-1,2 % sur un an) et -0,9 % pour le lait et la crème (-1,3 % sur un an). La viande de porc et les charcuteries sont en promotion (-0,4 % ; +1,3 % sur un an). En revanche, les prix des légumes préparés, surgelés et en conserve s’accroissent (+0,4 % ; +3,8 % sur un an).
Hausse saisonnière des prix des services Les prix des autres services s’accroissent de manière saisonnière (+0,2 % ; +0,3 % en juin 2008 ; +2,8 % sur un an). Avec le début de la saison estivale, augmentent les prix des hébergements de vacances (+11,6 % ; +2,8 % sur un an) et de l’hôtellerie y compris pension (+1,3 % ; +2,2 % sur un an) ; à rebours, de façon habituelle au mois de juin, diminuent les prix des voyages touristiques tout compris (-6,9 % ; +1,9 % sur un an). Les prix des services d’entretien de véhicules personnels continuent de progresser (+0,4 % ; +5,2 % sur un an), tout comme ceux des maisons de retraite (+0,2 % ; +3,7 % sur un an). L’augmentation du prix des entrées dans les cinémas reflète la fin des opérations promotionnelles du printemps (+2,1 % ; +0,9 % sur un an). Après plusieurs mois d’augmentation, la baisse des prix des transports aériens reprend (-2,1 % ; -5,1 % en mai 2009 ; +4,5 % sur un an). A contrario, de nouvelles hausses tarifaires majorent les prix de l’assainissement (+0,8 % ; +3,1 % sur un an) et de la distribution d’eau (+0,5 % ; +5,3 % sur un an).
Baisse des prix des produits manufacturés La baisse des prix des produits manufacturés de juin (-0,2 % ; stabilité sur un an) traduit le début de la période des soldes dans la plupart des départements métropolitains. Les prix de l’habillement et des chaussures diminuent de 0,8 % (-0,6 % sur un an). Des promotions minorent également les prix des autres produits manufacturés (-0,1 % ; +0,4 % sur un an). Les baisses continuent pour les prix des équipements audio-visuels (-2,5 % ; -18,6 % sur un an), photo et cinéma (-1,9 % ; -18,0 % sur un an) et pour le matériel de traitement de l’information (-1,6 % ; -12,0 % sur un an). En revanche, les prix des automobiles neuves s’accroissent de nouveau (+0,7 %, comme en mai ; +2,5 % sur un an), tout comme ceux des autres pièces de rechange et accessoires pour véhicules (+0,4 % ; +4,5 % sur un an). Enfin, la fête des mères au début du mois de juin fait grimper les prix des fleurs et plantes (+3,4 % ; +1,4 % sur un an).
Stabilité de l’inflation sous-jacente L’indicateur d'inflation sous-jacente est stable (+1,5 % sur un an ; +1,6 % entre mai 2009 et mai 2008). L’indice des prix à la consommation harmonisé progresse de 0,1 % (-0,6 % sur un an).
Rédigé par l'APCA Dans un communiqué de presse de la Commission, cette dernière a fait savoir que 24 des 27 Etats membres ont décidé de participer à la première année du programme "Fruits et légumes dans les écoles".
Ce programme rend disponible 90 millions d'euros en provenance de fonds européens afin de promouvoir les fruits et légumes à l'école.
Cet argent sera complété par des fonds nationaux et privés.
Le programme a pour objectif d'encourager de meilleures habitudes alimentaires chez les jeunes personnes afin d'avoir une influence dans leurs habitudes alimentaires futures.
En plus de fournir des fruits et des légumes, le programme demande aux Etats membres de mettre en place des stratégies incluant des programmes éducatifs spécialisés et de partager les meilleures pratiques.
Il est estimé que 22 millions d'enfants en Europe sont en surpoids. Plus de 5 millions de ces enfants sont obèses, et les prévisions actuelles portent à 400.000 chaque année le nombre d'enfant atteints de surpoids.
L'amélioration de la nutrition peut jouer un grand rôle pour combattre ce fléau, selon la Commission.
Le programme commencera durant l'année scolaire 2009/2010.
Tous les Etats membres à l'exception de la Lettonie, la Finlande et la Suède devraient participer à la première année de ce programme. Ces pays rejoindront le programme dans le futur s'ils le souhaitent.
La Commission rappelle dans son communiqué que l'OMS encourage la consommation d'un minimum quotidien de 400 grammes de fruits et légumes par jour, par personne. Le programme vise à aider les Européens à atteindre cet objectif, a déclaré Mme FISCHER BOEL, Commissaire à l'Agriculture et du Développement rural.
Lors de la CCAN (Commission des Comptes de l’Agriculture de la Nation) du 1er juillet 2009, une étude sur le marché foncier a été présentée en séance. C’est une habitude prise depuis plusieurs années, de profiter de chaque CCAN d’été pour demander à des statisticiens et des chercheurs d’éclairer une question d’économie agricole qui fait l’actualité. Les modifications du marché du foncier agricole (croissance des achats des nonagriculteurs, hausse du prix des terres). Jean CAVAILHES de l’INRA est revenu sur quelques aspects théoriques.
Les terres agricoles sont des biens économiques particuliers : ce sont des biens qui s’échangent sur un marché mais qui ne sont pas produits. On ne produit pas les terres agricoles comme on produit un tracteur, un bâtiment d’élevage1… La valeur d’une terre agricole est déterminée par les revenus futurs (la rente) que les acquéreurs fonciers anticipent à long terme et par le coût du financement des achats de terres (taux d’intérêt). C’est pourquoi quand les revenus agricoles augmentent, le prix des terres agricoles augmentent. Inversement, quand les taux d’intérêt augmentent le prix des terres baisse. Les récentes variations du prix des terres agricoles vérifient ces mécanismes économiques.
Le second point évoqué par Jean CAVAILHES est celui des aides publiques.
Il n’existe pas d’études sur l’impact de la PAC sur le prix des terres agricoles. Mais des études faites aux Etats-Unis montrent que les aides distribuées au secteur agricole bénéficient aussi aux propriétaires fonciers qui augmentent leur loyer lorsque ces aides augmentent. Quand on suit le circuit économique complet des aides agricoles, on se rend compte que même si ce sont les agriculteurs qui les perçoivent, elles bénéficient aussi à d’autres agents. Jean CAVAILHES s’est interrogé : ne pourrait-on pas parler là d’une sorte de « dénaturation » des aides publiques ?
Enfin, dernier point de l’étude : l’impact de l’urbanisation. Les observations et les études économétriques évaluent que les prix des terres agricoles qui sont achetées à de fins non-agricoles sont 10 à 30 fois supérieurs aux terres qui restent à l’agriculture.
Pour la seconde étude, Céline ROUQUETTE du Service de la Statistique et de la Prospective (SSP) du Ministère de l’Agriculture a abordé la question de la mesure du prix des terres. Jusqu’à présent, le SSP et la Fédération Nationale des Sociétés d'Aménagement Foncier et d'Établissement Rural (FNSAFER) élaboraient chacun de leur côté des séries de prix des terres agricoles. Les deux institutions se sont concertées pour ne produire qu’une seule série de prix qui est désormais disponible sur long terme (depuis 1991).
Pour les vignes, les appellations ont été définies avec précisions : 238 appellations dans la nouvelle nomenclature contre 218 dans l’ancienne.
Une expertise commune entre les deux institutions a été réalisée pour évaluer le prix moyen des vignes de ces appellations pour trois années de référence : 2006, 2007 et 2008.
Pour les terres et les prés, les séries harmonisées se basent sur les prix des transactions sur des terres et des prés sans bâtiments à destination agricole ou de loisirs. Auparavant, les statisticiens éliminaient systématiquement de leur champ d’observation les transactions portant sur moins de trois hectares (pour les non-agriculteurs) et moins d’un hectare (pour les agriculteurs). Cette élection systématique a été remplacée par une analyse de la répartition des transactions classées selon leurs prix à l’hectare ; cela permet d’exclure les échanges hors-normes (les points aberrants selon la statistique). Les écarts entre les séries anciennes et les séries nouvelles sont plus ou moins importants selon la nature des terres échangées (terres ou vignes) et leur localisation zone agricole sous emprise urbaine plus ou moins forte). L’essentiel étant que désormais, il y ait des séries de prix des terres harmonisées qui satisfassent les experts proches du terrain et les statisticiens avec leur rigueur méthodologique.
Robert LEVESQUE, de la FNSAFER, a fait le point sur le marché du foncier agricole en 2008. Ce n’est pas d’aujourd’hui que les achats de terres agricoles par des non-agriculteurs à des fins non agricoles ont pris une place majeure sur le marché foncier agricole ; en 1999, ces achats de maisons de campagne et de surface articifialisable représentaient 55% de la valeur des transactions, et ce ratio est passé à 66% en 2008.
Toutefois, depuis quelques années, la dynamique du marché du foncier agricole a un peu changé. Globalement, le prix moyen des terres agricoles augmente toujours. Mais à la suite de la crise économique, la demande des non- agriculteurs s’est essoufflée : le prix des maisons de campagne et des terrains résidentiels non-bâtis baisse depuis 2005. En revanche, la hausse des prix de certains produits agricoles (céréales et lait), même si elle a été de courte durée, a stimulé les achats de terres agricoles pour l’agriculture et le prix des prés et vignes a nettement augmenté depuis 2006.
Ces trois études ont mis en évidence qu’en dépit de la présence de la puissance publique dans la régulation du marché foncier agricole (dont les SAFER sont les instruments), les dynamiques de marché sont suffisamment fortes pour imprimer leur rythme sur les évolutions du prix des terres agricoles. _____________________________________________________________ 1 Puisque la CCAN examine les comptes macroéconomiques de l’agriculture, rappelons qu’en Comptabilité Nationale, les achats de terres agricoles font partie des investissements mais qu’ils ne font pas l’objet d’amortissements. Les terres agricoles ne sont pas « produites » : une fois acquises, elles ne connaissent pas d’ « usure » comme les bâtiments ou le matériel et il n’est donc pas nécessaire d’anticiper leur renouvellement.
Rédigé par Guillaume BAUGIN, APCA Un rapport parlementaire récapitule les principales orientations pour les années à venir.
Alain GEST, député UMP de la Somme vient de rendre un rapport parlementaire sur les pesticides au nom de la Commission des Affaires économiques de l’Assemblée Nationale. Après avoir dressé un état des lieux, il pointe succinctement les perspectives politiques pour les années à venir. Elles sont de quatre ordre : 1-°) Tout d’abord protéger la santé publique en améliorant la connaissancedes effets des pesticides sur l’homme. Et pour ce faire le rapporteur souhaite qu’une seule autorité publique soit compétente tant au niveau des études préliminaires à la mise sur le marché qu’à celui de l’évaluation ultérieure des effets sur la santé. 2°) Atteindre les objectifs de réduction de 50% est possible sous réserve de respecter quelques principes de bon sens comme ne pas retirer du marché des produits pour lesquels il n’existe pas des produits de substitution. De la même manière, il faut prendre en considération que la rationalisation de l’utilisation des pesticides peut entraîner des surcoûts, acceptables en fonction de certains critères, sans oublier qu’elle pourrait conduire à l’abandon de certaines cultures 3°) L’objectif visé doit être rendu compatible avec la sécurité sanitaire du pays. En effet entre 2000 et 2005, la France a connu 41 nouveaux insectes ravageurs à cause du réchauffement climatique. Il est donc important de ne pas appliquer la réduction de 50 % sans discernement car on risque également d’augmenter la dépendance dans le domaine de l’approvisionnement en produits agricoles et ceci serait contre-productif car il n’existe pas de contrôle homogène sur l’utilisation des pesticides dans les pays hors de l’Union européenne. 4°) La France ne peut avancer seule dans le domaine des phytosanitaires : il faut se concerter avec les partenaires européens : Plusieurs produits autorisés par le droit communautaire sont retirés en France. Comment faire comprendre cet état de fait aux consommateurs ou limiter la suspicion des agriculteurs envers l’ensemble du système de contrôle mis en oeuvre au niveau européen.
Les dernières estimations des comptes de l’Agriculture de 2008 ont été publiées aujourd’hui.
Elles confirment la dégradation de la conjoncture agricole fortement impactée par la crise économique mondiale et un décrochage particulièrement fort du revenu agricole par rapport au revenu moyen des ménages.
o Le revenu global 2008 par actif familial baisse de 20,3 % par rapport à 2007, alors que les estimations de décembre dernier prévoyaient un recul de 15,4%.
o Cette baisse est confirmée pour tous les secteurs, à l'exception des éleveurs laitiers et ovins. Si cette dégradation apparaît moins forte que prévue pour l'élevage bovins viande et les grandes cultures, les difficultés sur les marchés internationaux ont particulièrement affecté le secteur viticole, avec un renversement spectaculaire des prévisions de revenu : -21% contre +2 % estimé en décembre pour les vins AOC, et –34% contre + 15% pour les autres vins.
La lecture de ces résultats appelle 3 compléments d'analyse :
o La période de crise actuelle, marquée par une extrême volatilité des prixagricoles et des intrants et une extrême sensibilité des échanges commerciaux aux évolutions des demandes intérieures, rend l'exercice de prévision particulièrement difficile et souligne les limites de modèles par extrapolation et prolongation de tendances. A ce titre, nous souhaitons une communication plus prudente des premières estimations publiées en décembre qui souligne leur caractère provisoire.
o Ces chiffres doivent être mis en perspective sur plus longue période. A ce titre, la situation des éleveurs bovins viande et ovins apparaît particulièrementpréoccupante, avec une seconde année consécutive de baisse pour les bovins et des niveaux de revenu particulièrement faibles (10 000 €/actif) y compris pour les ovins dont le revenu en 2008 s'est stabilisé.
o Pour les éleveurs laitiers, la hausse de revenu affichée en 2008 peut apparaître largement paradoxale au vu de la crise sans précédent de ce secteur.
Les travaux que nous avons réalisés, dans les Chambres d'agriculture, montrent clairement que les pertes de 2009 sont très supérieures à la hausse de 2008. Les simulations sur cas-type extraits de notre observatoire des exploitations agricoles font apparaître un revenu 2009 inférieur de 26% à 40% à celui de 2007, avec une hypothèse d'un prix moyen annuel de 280 € /1000 l.
Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture - 9, avenue George V – 75008 – PARIS – Tél : 01 53 57 10 10 – Fax : 01 53 57 10 05
Luc Guyau, Président des Chambres d'agriculture, a déclaré :
"Dans le contexte de crise actuelle, la baisse du revenu agricole est particulièrement préoccupante. L’extrême volatilité des prix démontre toute la nécessité de préserver et de rénover les mécanismes de régulation et de filets de sécurité, dans le secteur laitier bien sur mais pas seulement. C'est tout l'enjeu de la PAC de l'après 2013 et nous refusons de penser que le détricotage de cette politique est inéluctable. Nous contribuerons, par nos propositions, à redonner du sens et du souffle à une politique agricole, alimentaire et territoriale ambitieuse".