Dans un contexte où 1200 hectares de zones agricoles sont perdus chaque année dans les Bouches du Rhône, il n’est plus possible de laisser des communes ou des collectivités territoriales utiliser les terres agricoles comme réserves foncières à leur disposition! C’est pourtant le projet qui s’annonce dans le périmètre d’Agglopole.
En quelques décennies, notre environnement a changé. Les citoyens n’ont plus de parents agriculteurs et leur alimentation n’a plus de terroir, elle n’a plus de prix ! Cette réalité nouvelle est dangereuse, et plus aucune action publique ne peut l’ignorer plus longtemps … sauf à risquer de vivre demain une société de privations et de conflits ; car pouvoir manger en toute sécurité et identifier son territoire sont des fonctions instinctives et historiques inhérentes à l’homme.
Il y a de quoi s’étonner avec le fabuleux « principe de précaution». Invoqué comme le nouveau texte sacré, et il l’est bien un peu par la vertu de sa constitutionnalisation. Il tient en effet du sacré sa capacité de se prêter à toutes les interprétations, même les plus douteuses, à toutes les manipulations, en tout sens et au gré des circonstances, puis de disparaître comme par magie noire englouti dans les tréfonds d’un puits incandescent de lave islandaise, pour enfin réapparaître ici ou ailleurs, aujourd’hui ou demain, tel le Phoenix ressurgi des cendres.
C’est avec beaucoup de plaisir, mais aussi avec fierté que nous voyons les actions de la Chambre d’agriculture des Bouches du Rhône reconnues par l’Etat. Car c’est bien la labellisation du travail accompli que vient de nous attribuer la DREAL, la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement.
Je suis particulièrement satisfait de la présence de représentants de l’Etat et du monde politique à cette session, car la Chambre d’agriculture a d’abord été créé pour recueillir l’expression du monde agricole, et le monde agricole dit beaucoup de choses sans être entendu.
La session de printemps de la Chambre d’agriculture des Bouches du Rhône, qui se tient jeudi 8 avril, est l’occasion de faire un point d’étape sur les orientations prises par le « Groupe Chambres », composé de plus de 120 établissements regroupant 4200 élus et 7800 collaborateurs sur l’ensemble du territoire français.
Pour 70 % des Allemands, l’agriculture est un secteur d’avenir, pour 50 % des Français aussi, 50 % c’est peu ! Pourtant, combien de fois n’avons-nous pas entendu ces déclarations affectueuses des Français, colportées par tous les médias, envers leurs compatriotes paysans et leurs campagnes !
Souvenez-vous ; cette phrase a mis le feu il y a quelque temps. Les agriculteurs n’ont entendu que « la réduction de 50% de l'utilisation des pesticides», et ont réagi sur la folie d’un tel objectif qui n’avait pour but que de faire un joli effet d’annonce.
Le passage neigeux d’un caractère exceptionnel que nous venons de traverser a provoqué l’effondrement d’ un nombre important de serres. Cela me renvoie aux aléas climatiques de cette année 2009: la neige qui détruisit des serres déjà il y a un an, puis la grêle en juillet sur le vignoble de la Ste Victoire. Cette mauvaise série continue aujourd’hui. Nous en appelons à nos élus et aux pouvoirs publics pour leur soutien indispensable.
Pour les agriculteurs, 2009 fut la pire année de crise : elle a généré beaucoup de difficultés et de souffrance. 2010 devra être l’année d’un nouvel avenir, nous l’espérons très fort. Trois grands chantiers sont devant nous pour cette nouvelle année :