Soyons précis
Fondée sur le respect de l’homme et de la nature, l’agriculture biologique se définit par son mode de production particulier :Sans utilisation de produits chimique de synthèse : pesticides, engrais, désherbants…Sans utilisation d’organismes génétiquement modifiés.Elle s’appuie sur le recyclage des matières organiques, la rotation des cultures, la lutte biologique et le bien-être animal. C’est une approche globale qui respecte et développe la biodiversité (faune, flore, paysages…) et favorise la qualité des sols et des nappes.
D’après l’Agence Bio, elle se pose comme un « ferment » de l’agriculture durable.
La région PACA est la première région « bio » de France avec 8.5 % de sa surface convertie à ce mode de production agricole (et 4ème région en nombre d’hectares).
Dans les Bouches-du-Rhône, 9.5% de la surface agricole est consacré à l’agriculture biologique. C’est le 3ème département en France derrière la Drome, et les Pyrénées Orientales.
Une garantie de marque
La marque AB, propriété du ministère chargée de l’agriculture garantit :
- un aliment composé d’au moins 95 % d’ingrédients produit dans le respect des équilibres naturels, de l’environnement et du bien-être animal
- le respect de la réglementation en vigueur en France
- la certification : toute production bio française est contrôlée par un organisme reconnu indépendant et compétent
Et en Europe
Depuis le 1er janvier 2009, les pays de l’UE ont accordé leurs violons pour une réglementation commune. Elle reprend les fondamentaux français, notamment l’interdiction de produits chimiques de synthèse et l’absence d’OGM. Un logo « made in UE » est désormais disponible. Il peut être associé aux logos AB français. Ce logo est obligatoire pour les produits emballés à partir du 1erjuillet 2010.
L’alimentation bio :
Le débat est plutôt « vif ». Les (nombreuses) études s’opposent encore pour savoir si les carottes ou tomates bio sont meilleures pour notre santé que celles issues de l’agriculture conventionnelle. l’AFSSA* estime qu’il n’y a actuellement pas de différence nutritionnelles (notamment sur les fruits, les légumes, le lait, les œufs, la viande) et demande des études sur le long terme. La FAO est plus nuancée mais appelle également à la poursuite des études.
Le débat porte aussi sur le goût. En fait, c’est surtout la variété, le terroir, le climat, les conditions de culture et surtout le respect de la maturité à la récolte qui influencent la qualité organoleptique des produits agricoles (mais produire bio n’empêche certainement pas de produire bon!)
Technicité maximale, impact minimal
Aujourd’hui l’agriculture biologique n’est plus confidentielle : 46% des français consomment bio au moins une fois par mois. Parmi ces consommateurs 9% déclarent le faire tous les jours (Agence bio, octobre 2009). De même, l’agriculteur bio n’est plus marginal ou isolé. Il doit s’organiser, valoriser ses produits et répondre aux indispensables évolutions techniques.
François Martin, conseiller-spécialisé en agriculture biologique à la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône est au service de la filière (f.martin(at)bouches-du-rhone.chambagri.fr)
Sa mission consiste à aider aux conversions, fédérer les énergies et promouvoir l’agriculture biologique.
* Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments. Rapport paru en Juillet 2003 sous le titre : « Evaluation nutritionnelle et sanitaire des aliments issus de l’agriculture biologique »